LE SENS CHRETIEN DE LA SOUFFRANCE

Jean Paul II a donné la lettre apostolique Salvifici Doloris (SD) le 11 février 1984, en la fête Notre Dame de Lourdes, après avoir souffert lui meme, après avoir fait le pélerinage de Lourdes, et avoir vécu l’expérience de l’esprit qui anime les malades à Lourdes.

 

En voici un petit aperçu.

 L’Ancien Testament avait posé la question de la signification de la souffrance. Il avait compris que la souffrance a un sens de punition lorsqu’elle est liée à la faute, mais aussi qu’elle n’est pas toujours liée à la faute. La souffrance de l’innocent montre la justice de ce dernier (par exemple Job). Ailleurs, la souffrance corrige et doit servir à la conversion, à la reconstruction du bien (par exemple 2 M 6,12), c’est le sens de la pénitence au commencement de l’Evangile.

La souffrance est globalement liée au problème du mal, de l’absence d’un bien. C’est pourquoi, le Christ communique l’espérance aux hommes, par l’exemple de sa sainteté et en communiquant la grâce sanctifiante (SD 15). La « Toute sainte » est aussi cette source pure en qui l’espérance renaît.

Le pape prend ensuite l’exemple des « martyrs de la foi » mais aussi aux nombreux autres hommes qui parfois, « sans avoir la foi au Christ, souffrent et donnent leur vie pour la vérité ou pour une juste cause » (SD 22). La souffrance manifeste la grandeur morale de l’homme, sa maturité spirituelle.

 

A côté de ceux qui souffrent pour le Christ ou pour une juste cause, il y a ceux dont la souffrance a une signification plus cachée.

La souffrance de l’aveugle né (Jn 9) ou celle de Lazare qui meurt (Jn 11) rendent « réceptif, particulièrement ouvert à l’action des forces salvifiques de Dieu offertes à l’humanité dans le Christ.» (SD 23). Marie a montré l’exemple de cette ouverture, de cette réceptivité.

Ainsi, « dans le combat « cosmique » entre les forces spirituelles du bien et celles du mal, dont parle la lettre aux Ephésiens (Eph 6, 12), les souffrances humaines, unies à la souffrance rédemptrice du Christ, constituent un soutien particulier pour les forces du bien, en ouvrant la route au triomphe de ces forces salvifiques.» (SD 27).

 

Cette dimension très spirituelle n’entraîne aucune passivité. Au contraire. Le Christ passe « en faisant le bien» (Ac 10, 38, cf. Lc 4, 18-19). Quand Marie va à la rencontre de sa parente enceinte et âgée, c’est aussi par compassion, «à un titre vraiment personnel» (SD 29), par un amour désintéressé.

 

F. Breynaert

 

Extrait de : Françoise BREYNAERT, “à l’écoute de Marie, tome I”, éditions du Ver luisant (diffusion mediaspaul), Brive 2007, p. 180.

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